Chaque semaine, devant le local des Restos du Cœur de Château-Gontier, la même scène se répète. Dès 9 heures, bien avant l'ouverture, plusieurs personnes attendent déjà. Certaines viennent seules, d'autres avec leurs enfants. Toutes partagent la même inquiétude : réussir à tenir jusqu'à la fin du mois. "On commence à faire la queue tôt, car il y a du monde", confie Linda, bénéficiaire régulière. Elle vit à Château-Gontier depuis plusieurs années et se rend aux Restos chaque vendredi. "Je touche 540 euros par mois. Une fois que j'ai payé mes charges, il me reste à peine 150 euros. Les Restos, ça m'aide, mais ça ne couvre que deux ou trois jours de nourriture."
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Une demande toujours plus importante
Sous la responsabilité de Nicole Cartier, le centre fait face à une demande toujours plus importante. " La moitié des personnes que nous accueillons sont seules", explique-t-elle. "Mais on voit aussi beaucoup de familles monoparentales, des personnes âgées avec de toutes petites retraites, et de plus en plus de gens qui travaillent, en intérim ou à temps partiel." Depuis deux ans, les critères d'accès ont été élargis afin de pouvoir répondre à cette évolution. "On ne peut plus ignorer certaines situations. Même avec un emploi, beaucoup n'arrivent plus à s'en sortir." Le fonctionnement du centre repose sur une équipe de 36 à 37 bénévoles. "Sans eux, rien ne serait possible ", souligne Nicole Cartier. Certains bénéficiaires viennent également prêter main-forte. La gestion administrative des dossiers est centralisée au niveau départemental, tandis que l'équipe locale s'occupe de l'accueil, de la distribution et de toute la logistique.
Ils sont entre 36 et 37 bénévoles à l'année. - Clémentine Marié
Un travail constant
L'approvisionnement représente un travail constant. Les bénévoles effectuent des ramasses régulières dans huit boulangeries, mais aussi auprès de partenaires comme Leclerc et Pro à Pro. "C'est toutes les semaines", précise la responsable. Les produits frais sont très recherchés mais doivent être distribués rapidement. "Lorsqu'il y a trop de marchandises, une partie est redirigée vers Laval. Quand il y a des collectes, on demande de plus en plus de petits formats de conserve par exemple, pour les personnes seules." Le centre dispose d'un véhicule, acquis en 2012 grâce à un partenariat avec le Lions Club. "Sans ce camion, on ne pourrait tout simplement pas fonctionner", insiste Nicole Cartier. Un nouveau responsable des stocks devra d'ailleurs être recruté à partir du mois de mars pour assurer la continuité du service.
"Les légumes, c'est bien, mais quand on n'a pas le matériel, ce n'est pas toujours simple"
Les bénéficiaires ont accès à des produits alimentaires mais aussi à des produits d'hygiène."Quand on est seul, on a moins que les familles, c'est normal, mais parfois c'est compliqué ", confie Linda. "Il faut aussi avoir de quoi cuisiner. Les légumes, c'est bien, mais quand on n'a pas le matériel, ce n'est pas toujours simple." Une autre bénéficiaire, mère de cinq enfants, témoigne également : "Ça nous aide beaucoup, mais ça ne dure que deux ou trois jours. Après, il faut se débrouiller."
"L'idéal serait de trouver un local plus grand"
Le centre accompagne actuellement 25 enfants de moins de trois ans, un chiffre révélateur de la précarité des familles accueillies. Face à cette réalité, une réflexion est engagée sur l'avenir du site. "On manque de place", reconnaît Nicole Cartier. "L'idéal serait de trouver un local plus grand, éventuellement partagé avec d'autres associations. Un lieu où il serait possible de stocker et d'accueillir les gens", émet Philippe Henry, maire de Château-Gontier-sur-Mayenne.
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