La justice a sanctionné, ce mercredi 14 janvier 2026, le groupe V and B pour publicité illicite en faveur de l'alcool lors de plusieurs événements. Franck Lecas, responsable juridique de l'association Addictions France, à l'origine de la procédure, estime que "cette décision constitue une avancée majeure pour la santé publique". "Elle a été rendue oralement et les motifs exhaustifs seront rendus de manière écrite prochainement", indique-t-il.
Que s'est-il passé ce mercredi 14 janvier 2026 ?
Franck Lecas : "La 31e chambre du tribunal judiciaire de Paris a rendu son jugement. La justice a condamné V and B Connect ainsi que plusieurs structures partenaires pour des faits de publicité illicite en faveur de l'alcool. C'est une décision dont nous sommes satisfaits, même si nous restons prudents car il s'agit pour l'instant d'un verdict oral."
Quelles structures ont été condamnées ?
F. L. : "La société V and B Connect a été condamnée à une amende délictuelle de 20 000 euros. D'autres structures ont également été sanctionnées : l'Opus Sonore, organisatrice du V and B Fest', la société Latitude 35 liée à la voile, la Saem Vendée pour le Vendée Globe, ainsi que le club Laval Cyclisme 53. Les parrainages sportifs ont été jugés illicites."
Pourquoi le nom du festival "V and B Fest'" pose-t-il problème ?
F. L. : "Il est préjudiciable qu'un festival porte un nom directement lié à une enseigne qui vend de l'alcool. Le code de la santé publique prévoit des modalités très limitées de communication et interdit d'associer l'alcool à quelque chose de positif. Or un festival est, par définition, un événement positif et attractif."
- A lire aussi. Château-Gontier. Charlotte Cardin, Suzane, Feu ! Chatterton, Helena : les premiers noms du V and B Fest' annoncés
Aviez-vous tenté un dialogue avant d'engager une procédure ?
F. L. : "Oui. Nous avons adressé un premier courrier en janvier 2023. V and B nous a répondu le 27 février 2023 en indiquant qu'ils ne voyaient aucun problème juridique. Le festival n'a pas souhaité donner suite. La procédure a ensuite été engagée, et elle s'est révélée complexe, avec des éléments découverts au fur et à mesure."
Est-ce un cas d'école ?
F. L. : "Oui et non. C'est un cas à part car V and B porte dans son nom une référence directe à la vente d'alcool. Mais d'autres acteurs contournent la loi Évin en organisant des événements ou en s'appuyant sur des relais sur les réseaux sociaux. Cela mérite une vraie attention."
Attendez-vous un changement concret concernant le V and B Fest' après cette décision ?
F. L. : "Nous espérons que cela conduira à la fin du nom du festival. S'il n'y a pas d'appel, la conséquence logique serait un changement de nom. Mais changer le nom sans changer les pratiques ne suffira pas. Le problème de fond reste la promotion de l'alcool dans les événements."
Quel est l'enjeu de santé publique derrière ce dossier ?
F. L. : "L'alcool est responsable de 40 000 morts par an en France, d'accidents, de rapports sexuels non protégés. Dans les festivals, les consommations sont parfois astronomiques, notamment chez les jeunes. Donner une image positive de l'alcool n'est pas acceptable en termes de santé publique. C'est précisément pour cela que la loi Évin existe."
Cette décision peut-elle faire évoluer les pratiques ?
F. L. : "Nous l'espérons. Elle doit faire réfléchir les organisateurs d'événements mais aussi les autorités. On ne peut pas agir sur tout, mais on a agi. Il existe un vrai problème de véhicules publicitaires et d'image favorable de l'alcool, et cette affaire en est une illustration claire."
Le groupe V and B attend de son côté, de connaître le détail de la décision de justice pour se prononcer.
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.