Ça y est, c'est officiel : depuis le 10 janvier dernier, les infractions routières sont sanctionnées avec une sévérité accrue. L'annonce, faite vendredi 9 janvier par le préfet François Pesneau et le procureur Éric Bouillard, marque un renforcement assumé des sanctions dans la politique locale de sécurité routière. Objectif affiché : enrayer une mortalité routière en nette hausse.
Le pire bilan depuis 2010
Les chiffres donnent le vertige : 46 personnes ont perdu la vie sur les routes du département en 2025, le pire bilan depuis 15 ans… Malgré la multiplication des campagnes de prévention, certains automobilistes n'ont pas tout à fait entendu le message - ou l'ont dépassé à plus de 50km/h… "Les sanctions étaient trop faibles", concède sans détour le préfet. La réponse est donc claire : durcir le barème pour renforcer la répression. Un travail engagé par son prédécesseur et désormais appliqué sans détour : "Il ne s'agit pas de piéger les automobilistes, insiste-t-il, mais il y a encore trop de comportements dangereux sur les routes." Traduction : ce n'est pas le radar qui est sournois, c'est plutôt le pied droit qui est trop lourd.
- A lire aussi. Faits divers. Collision entre une moto et un poids lourd : un homme de 56 ans décède sur la route
Une indulgence en baisse
Concrètement, le nouveau barème allonge la durée des suspensions administratives de permis pour les infractions les plus graves : vitesse excessive, alcool, stupéfiants. En moyenne, il faudra compter deux mois de suspension supplémentaires par rapport à l'ancien dispositif. Pour l'alcoolémie, par exemple, un taux égal ou supérieur à 0,75mg/L d'air expiré entraînera désormais huit mois de suspension, contre six auparavant, et jusqu'à dix mois en cas de récidive. La vitesse excessive vaudra six mois sans volant, les stupéfiants huit. Le tout examiné au cas par cas, mais avec une indulgence clairement en baisse. Un accent particulier sera mis sur l'utilisation du téléphone portable dans son véhicule.
Les routes ne sont pas des pistes d'essai
À cela s'ajoute une mesure entrée en vigueur le 29 décembre dernier : le très grand excès de vitesse est désormais un délit. Au-delà de 50km/h au-dessus de la limite autorisée, le contrevenant peut être placé en garde à vue et jugé en comparution immédiate. En 2025, 200 conducteurs ont ainsi été contrôlés à plus de 50km/h au-dessus de la limite. Autant dire que certains confondaient encore la départementale avec une piste d'essai… Le message est donc limpide : en Anjou, la route n'est pas un circuit, et la clémence administrative n'est certainement pas d'actualité. Reste à espérer que ce durcissement, s'il fait grincer quelques dents, sauvera surtout des vies. Après tout, arriver cinq minutes plus tard vaut toujours mieux que ne jamais arriver du tout.
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.